Section Écrits

Folie contagieuse

Pour mon amour qui fait des rêves bizarres étant enceinte.

Je dois dormir. Mon corps est en suspension dans les airs. Mais où suis-je? Est-ce le cour de français? Un rapide coup d’œil sur les élèves au dessous de moi me le confirme. Patrick, Marjorie, et même François le lunatique qui regarde par la fenêtre. Comme prévu, je m’aperçois, tout bas, la tête étendue sur ma table. Un mince filet de bave s’écoule de ma bouche. J’ai l’air bien.

Ça me fait tout drôle d’être si haute, de remarquer les simples détails de la scène qui se déroule au ralenti. La prof est assise et ne bouge pas. Elle fixe sa classe avec affliction. Ma vision s’interrompt sur la main pâle de l’enseignante. Je ne suis pas certaine de comprendre. Une plaie béante se discerne au bas du pouce dévoilant l’os et de la chair cristallisée. Comme s’il s’agissait d’une morsure au travers un fragment de cire.

La prof se lève soudainement et fulmine devant la classe, mais je n’entends qu’un murmure lointain. Elle semble vraiment embêtée et les élèves se retournent tous vers elle et l’écoutent avec attention. Personne n’ose s’interposer devant la gesticule qui prend de plus en plus d’ampleur. Ma vision se brouille alors que je me sens m’éveiller par les cris stridents de celle-ci.

D’un coup sec, je me relève la tête. L’enseignante beugle à tue-tête des paroles incompréhensibles. Le reste de la classe semble charmé devant l’éclat.

Mais elle est devenue folle? Qu’est-ce qui lui prend?

Sans crier gare, l’institutrice s’empare d’un crayon sur le bureau du premier élève devant elle, et l’enfonce profondément au travers son œil gauche. J’éprouve un hoquet de terreur soudaine, mais c’est le silence. Personne ne bouge alors que la femme s’effondre sourdement sur le sol.

Prise de panique, je me lève et me dirige en vitesse en direction de la porte, accrochant quelques tables sur mon passage. Je n’ose pas me retourner pour voir si d’autres me suivent.

Alors que je rejoins le corridor, une dizaine d’élèves courent dans tous sens. La voie d’autres professeurs se fait entendre d’envers leur classe, forte et terrifiante.

- Tous les enfants de la maternelle mourront, hurle l’une d’elle.

Je ne parviens pas à discerner la suite puisque ma concentration se tourne vers un élève qui en tabasse un autre à grand coup. La victime reste debout, le regard vide, et ne fait aucun geste pour se défendre. La même scène se répète au bout du corridor que je rejoins à la course.

Tout le monde est fou.

À l’extérieur, c’est pareil. Certaines personnes hurlent des paroles chaotiques alors qu’ils se font frapper par d’autres. Plusieurs se sauvent, espérant seulement s’éloigner de cette vague d’affolement.

Et moi, que dois-je faire? Dans quel état finirais-je ma course?

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Appel mystérieux

Appel mystérieux

Il fait noir, il fait froid. Je viens de reprendre conscience de mes sens et je n’ai carrément aucune idée de l’endroit où je me trouve. Le sol est solide, glacial. Du ciment? J’ai mal partout et je n’ose pas bouger par peur de retomber dans l’abîme. J’ai l’impression de me trouver dans le néant. Mes sens ne me répondent plus, sauf pour ce constant frisson provenant d’un air frais, mais sans mouvement. Dépourvu de mon sens de la vision, je tente d’employer les autres. Mon nez est rempli de mucus et hors d’usage. Mon ouïe par contre, capte un son à peine audible.

Pit, pit, pipit…

Un piaillement? Mais si loin. À l’extérieur ou à l’intérieur? En fait, où suis-je moi-même? Il fait si noir que je ne vois pas où est-ce que je pourrais bien me retrouver dehors sous une telle obscurité. Mes choix diminuent. Je dois absolument me déplacer. Me lever, du moins, et trouver un repère.

Le mal est supportable. Mes muscles se meuvent malgré leurs élancements douloureux. Mais y a-t-il seulement un d’entre eux qui n’est pas blessé? Je réussis tant bien que mal à m’installer sur mes genoux, reprenant mon souffle et respirant un bon coup sec par mon nez bouché. Une odeur de frangipanier titille soudainement mes poils olfactifs. Subtile, mais présente. Suis-je mort? Vais-je finalement apercevoir un long tunnel lumineux? J’ai toujours cru que la mort ressemblerait à ceci. Une bonne odeur, des oiseaux qui gazouillent au loin. Mais pourquoi rien d’autre? Pourquoi le noir?

Pour répondre à ma question, un halo lumineux apparait à ma droite. L’éclat de lumière réfléchi sur une forme dorée, déposée sur le sol. Un téléphone. Un vieil appareil datant probablement de la génération de ma grand-mère. Il est magnifique, recouvert d’une fine texture ambrée et munie d’un antique dispositif à roulette. Mais j’ai du mal à comprendre quel en est son sens. Dois-je appeler quelqu’un?

Si Dieu possédait un téléphone, il devrait probablement ressembler à cela. Pourrais-je m’en servir pour communiquer avec lui? Ou peut-être même avec les morts? Ma mère? Mon frère Louis? Mais voyons, je divague. J’ai probablement reçu un coup à la tête. Je me dirige quand même tranquillement en direction de l’objet pour y prêter meilleure attention. Pas qu’il n’y ait d’autre chose à voir de toute façon. L’appareil est froid au toucher, solide. Je le soulève, aucun fil. Aucun dispositif pour le brancher nulle part.

Ma curiosité me pousse à vouloir prendre le combiné, mais j’hésite. Que fais-je si quelqu’un me répond? Je voudrais tant parler à ma mère… mais serai probablement déçu de ses questions. Et si la voie au bout de la ligne était celle de ma femme. Est-ce que ça voudrait dire qu’elle est morte? Ou que je suis mort? À quoi ressemble la mort de toute façon? Reçoit-on un dernier appel avant de quitter?

Je circule autour du téléphone, indécis. D’une part, je veux confirmer qu’il n’y aura aucune tonalité, mais du même coup, j’ai une frousse totale qu’il y en ait une. C’est en puisant au plus profond de mon être, rassemblant le peu de courage que je possède normalement que je tends la main. Prends le combiné. Et est surpris d’entendre une voix familière, lointaine.

- Chérie…

C’est ma femme. Les larmes me montent aussitôt aux yeux. Elle reprend, plus fort cette fois.

- Chéri, mais peux-tu bien me dire ce que tu fais dans le sous-sol? Le souper est prêt depuis dix minutes.

Image: tomorrow!Japan

http://www.flickr.com/photos/tomorrowjapan/3133007165/

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Aperçu de mon monde fantastique

Voici deux pages tirées de mon autre gros projet d’écriture au côté d’ange. Créer un monde fantastique, c’est toute une épreuve. Des heures et des heures de notes et de croquis. Je me suis souvent cru prêt à écrire, et ai recommencé nombre de fois. Voici le début du chapitre 2, sur 11 de fait déjà! Vos commentaires?

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Tournoi de Krystalis
Cité de Krystalis, Daladon
10e jour de juin, 98

- Oh! Magnifique.

Annalee of the Vale ne pouvait détourner le regard de l’immense palais qui s’affichait dans toute sa splendeur devant elle. Le cortège provenant de Loss Peleten fit halte au haut d’une colline pour apprécier le spectacle offert à l’horizon.

Le château de Krystalis semblait s’illuminer d’un éclat rosé sous le soleil de la mi-journée. Construite entièrement de cristaux marins provenant du lac des illuminations, l’architecture était une vraie merveille de la civilisation. En son centre, trois hautes tours soutenaient une gigantesque tapisserie à l’effigie de la paix, symbole créé à la suite de la dernière Grande Guerre. Une fleur de lys à treize pétales colorés à l’effigie des royaumes. Deux des tours abritaient les suites royales tandis que la dernière était armée d’un puissant télescope servant comme vigile sur les contrées avoisinantes.

La table de krystal se trouvait également tout au haut de l’une des tourelles. Carte mythique créée et utilisée par les krystalborns servant à localiser l’emplacement des membres de leurs familles partout sur Antalara.

À la droite du palais, ceinturé par le lac de cristal, s’étendait l’ancienne ville de Summerside, nouvellement rebaptisé Krystalis en l’honneur de la citadelle et nouvelle capitale du royaume de Daladon, et du même coup d’Antalara au grand complet.

Partout en périphérie, couvrant la plaine, les pavillons et les étendards des nobles de tout le continent flottaient dans des vagues multicolores.

- C’est encore plus impressionnant que Starlight. Les bâtisseurs gagnent en expérience à chacune de leur création, et ça parait, siffla la mère d’Annalee, la reine Kamélia of the Vale.

- C’est joli, certes. Mais je crois que je préfère notre bon vieux Highridge.

Miluanos of the Vale fit la moue à sa femme alors qu’il embrassait les épaules de sa fille adossée contre lui. La famille royale accentuait le paysage, debout au haut de la colline, le soleil éblouissant derrière eux. Leurs accoutrements colorés et leur emblème claquant le vent au dessus de leur tête, soleil jaune entre deux montagnes argentées.

La famille avait quitté leur île de Loss Peleten trois mois plus tôt, ayant décidé de prendre des vacances chez des amis sur le continent mère, coupant du même coup en deux le long voyage pour atteindre Krystalis. Loss Peleten étant une île à l’extrémité sud-est d’Antalara. Le voyage direct prenait normalement plus de deux mois.

La vue de ce splendide spectacle fit réaliser à Miluanos qu’il s’ennuyait définitivement de son royaume. Il partait rarement aussi longtemps de chez lui et n’avait pas participé à une joute depuis plus de dix ans. Si ce n’avait été de l’évènement particulier, il serait resté volontiers à l’intérieur de son havre, loin de la grande civilisation.

Annalee observait les armoiries parsemant la plaine devant eux. Elle prit un moment à repérer les étendards de ses seigneurs.

- Regarde papa, le navire de Roshi. Et là, la tornade des Swiftwind. Tu crois que tante Télaria est là?

- Je crois plutôt que c’est sa sœur la princesse Telsia, ainsi que son père le souverain de Starlight. Télaria ne s’est pas souciée de venir puisque sa fille est restée à Highridge avec Modeck. Si tu es chanceuse, peut-être que Julianna s’y trouve par contre.

- Oh oui, Julianna. Tu as entendu Roderick.

Elle fit un clin d’œil complice à son frère qui rougit en détournant le regard.

Le souverain fit signe à son capitaine qu’ils étaient prêts à reprendre la route. La famille royale remonta jusqu’au chemin pour ensuite descendre la colline, suivie de son cortège de gardes et de domestiques. Curieuse, Annalee pointa plusieurs étendards lors de leur marche, familles dont elle ignorait les propriétaires. C’est Roderick se creusa les méninges pour lui répondre du mieux qu’il le pouvait.

- Commençons par les maisons les plus importantes. Il y a les Coral. Le corail orange sur fond bleu au fond là-bas…

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Leçon cybernétique

Paris, 2057

Les recherches sur le clônage sont choses du passé. Trop de révolutions, trop d’émeutes. Les gouvernements mondiaux n’ont eu le choix d’abdiquer et de rendre la pratique complètement illégale. Après quelques années de travaux dissimulés, les chercheurs se sont rendus à l’évidence. Ils devront contourner le système et la façon la plus facile de le faire légitimement fut la technologie nano.

La biorobotique a permis à la communauté scientifique de Marseille d’en venir à bout en altérant la sustentation du cerveau humain pour pouvoir s’alimenter au plasmuil; une substance oléagineuse à base de sang et d’essence. Un premier cerveau réussit donc à fonctionner sans cœur ni oxygène.

Jack est mourant. Un cancer ronge son foie dévasté par l’abus d’alcool. Il fut donc le premier cobaye humain à tenter la transplantation cervicale dans un corps robotisé. La procédure s’avéra longue et ardue, mais l’opération fut un franc succès. Plus aucun besoin d’organes ou de système nerveux pour survivre. Jack a conservé toutes ses capacités psychomotrices ainsi que sa mémoire. Il relève un bras automatisé, satisfait. Le cerveau communique instinctivement ses besoins à une puce annexée au cervelet qui gouverne la totalité des joints du corps métallique.

L’automate se lève et titube. Il aura tout de même besoin de réhabilitation. À la suite d’une batterie de tests qui dura plusieurs semaines, Jack obtient enfin son premier congé du laboratoire. Un besoin lancinant lui ronge la carcasse métallique depuis quelque temps. C’est inconsciemment qu’il se dirige vers la quincaillerie la plus proche, marchant machinalement, un filet huileux s’écoulant sur le côté de sa mâchoire.

Les scientifiques retrouvèrent Jack dans un quartier malfamé de la ville, chantant et dansant sous les lampadaires, une bouteille de super lubrifiant à la main.

L’homme ne renonce pas aussi facilement à son vice.

WellOiled

Image de Matt Dixon

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Parlant de pandémie…

Parlant de pandémie. J’ai rajouté une nouvelle section au blog (accessible dans la colonne de gauche). Les forums. Avec un thème d’actualité : LES ZOMBIES. C’est un journal de survie de pandémie de zombie. Petit projet que j’avais entamé avec mon ami MaX. L’introduction s’y trouve, ainsi que la première partie du journal de Stéphane. Tous les membres peuvent se joindre à moi pour y apporter leur part de l’histoire, un recueil de survivants à l’apocalypse!!! C’est pas super user friendly, mais c’est ce que j’ai trouvé de mieux pour être directement intégré dans le blogue.

À vos marques, sortez vos plumes et Zombifiez!!!

big-girl-zombie

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Nouvelle pour Loulou!

Ma fille m’émerveille de jour en jour. Voici une nouvelle écrite pour elle avant sa naissance, il y a de ça si longtemps déjà :)

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LA FEMME DE MA VIE

C’est elle que j’ai toujours voulue. Elle a vraiment tout pour me plaire : elle est intelligente et délicate, elle aime les livres et les jeux vidéo, elle est belle et élégante, mais surtout rit souvent de bon cœur…

J’apprécie comment elle ne se prend pas toujours au sérieux, surtout en public, mais que revenu dans son cocon familial, elle fond en larme et ressort ses craintes et ses appréhensions devant la vie qui s’étale maintenant devant elle.

Je veux qu’elle me chérisse autant que par l’amour que je lui porte. Qu’elle s’amuse avec moi et reste cool devant mes amis. Qu’elle soit épanouie et se sente bien dans sa peau. Il le faut, nous allons partager une si belle et longue vie.

Elle parle toujours à ses amies de moi et de ses futurs enfants. De comment elle va en prendre soin, les cajoler et les aimer plus que tout. Ça me fait toujours sourire de l’entendre rêvasser de cette façon. Je l’aime tellement Marjolaine!

Je ne regrette pour rien au monde mon choix. C’était elle et personne d’autre. Une perle dans l’océan infini peuplant la planète. Une artiste extravertie cachant un caractère coquin. Impatiente, peureuse et nerveuse, de minuscules défauts qui ne font que relever ses qualités grandissantes.

La vie nous apportera plein de bonnes choses, j’en suis sûr. Nous possédons déjà une grande maison et un petit chien tannant, mais joli, qui aime se coller contre son ventre. J’espère qu’elle m’aime cette petite bête, parce que moi j’ai déjà un coup de cœur.

Marjolaine reste présentement à la maison, en arrêt de travail. Elle fait du ménage et s’occupe de son petit nid. Elle peint aussi et bricole. J’affectionne beaucoup son talent artistique. Elle est unique, plus que tout. Je crois que c’est cette qualité qui m’attire tant.

Adepte de magasinage, elle déniche tout le temps des soldes. Soit sur des sacoches, ou des souliers, même si au fond elle n’en a pas réellement besoin. Elle achète parfois du petit linge rose, c’est coquet. Je crois bien qu’elle est prête à prolonger sa lignée.

Aujourd’hui, elle se prélasse au soleil et se baigne dans la piscine. L’eau, ça fait du bien et c’est relaxant. Et la nature si tranquille et réconfortante. Elle profite pleinement de son congé qui lui est maintenant imposé.

Nous quittons de nouveau la maison aujourd’hui. Marjolaine ne se sent pas bien. Il faut retourner à l’hôpital. Je suis inquiet, j’espère qu’il lui arrivera rien de grave. Elle est si fragile.

Soudainement, j’ai mal, on me pousse. Pourquoi? Qu’est-ce qu’il se passe? Je ne veux pas quitter mon lit si douillet. On pousse plus fort. Marjolaine crie… J’ai encore plus mal. Les parois de mon petit univers me compriment tout le corps. J’imagine que c’est la fin de ma solitude. Il est grand temps que je sorte d’ici, au fond. Et j’ai tellement hâte d’enfin contempler ton visage… maman.

loulou

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Clair-obscur

Image pittoresque choisie par ELLE dont j’en ai pondu un texte pour 1 image vaut 1000 mots.

Les drachs virevoltent et s’égosillent dans l’ombre des roseaux. Minuscules esprits de la forêt exploitant la pénombre projetée par les colosses feuillus. Ils sont des milliers, frivoles, à taquiner la faune rampante ou volante, qui tentent avec difficulté de trouver sommeil. C’est leur moment de gloire, l’heure des célébrations. Seules quelques minutes leurs sont destinées, le soir de la lune pleine. Un moment éphémère savouré jusqu’à sa dernière goutte. Pour eux, il s’agit d’une éternité.

Ils ne sont pas mesquins, les drachs, au contraire. La forêt s’épanouit de leur existence. Ils ensemencent la végétation de leur rire et leur gaieté. Nourrissent les bourgeons de parcelles de vie. Tapissent de jade les pousses frétillantes qui ne tardent à grandir. Ils propagent l’étincelle par leurs chants et leurs danses. Impuissante, la faune ne peut que patienter ce vent de renouveau de la flore. Pour les humains, il ne s’agit que de bruissements de vents, de sifflements mystérieux, invisibles dans l’encre de la nuit. Que de légendes racontées aux enfants lorsque tombe la pénombre.

Alors que maître soleil montre ses premiers rayons lumineux contre la brume des arbres, les drachs s’éteignent un à un dans un soupir. Pour ne renaître qu’à la prochaine lune ronde, prêts à taquiner à nouveau les habitants de la forêt.

Clair-obscur

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Première page d’Ange!

J’y vais presque dans l’excessif de post ce matin!! Un autre… La première page d’ange (bah les deux premières hein)… Encore une fois, rien n’est final, mais ça donne une bonne idée!

Je suis un ange…

Faith déposa son crayon et jeta un dernier regard soulagée sur son œuvre. Le manuscrit était enfin complété. Une longue année d’intenses recherches et de questionnement sur ses origines finalement terminée.

Enfin! Je croyais que ça ne finirait jamais. Les derniers correctifs sont en place, la finale est modifiée pour plaire à Adriel. Je n’en crois pas mes yeux…

Écrit à la première personne, il s’agissait d’une autobiographie relatant ses six dernières années. Elle y racontait sa soudaine métamorphose ainsi que plusieurs autres mystères occultes de la société d’aujourd’hui. Malgré ses vingt trois ans, Faith avait vécu une vie bien mouvementé, parsemé de révélations extraordinaires et parfois inimaginables.

L’aspect fantastique du bouquin allait attirer les foules, cela n’avait aucun doute. Les chapitres furent  ficeler similaire à un roman de Dan Brown. Parfois choquant, mais laissant toujours supposer un réalisme. La majorité de la population générale n’y verrait qu’une autre histoire de religion persécuté, dont le protagoniste angélique se doit de sauver la planète. Mais le but de Faith était de rejoindre un nombre significatif de personnes clés. Ces indispensables qui visualiseront et réagiront au signal d’alarme lancé par le message documenté. Individus spécifiques qui devaient sortir de leurs léthargies et réaliser l’ampleur du mal qui approchait.

Une guerre féroce se présentait petit à petit, tapi dans l’ombre du monde parallèle qu’est l’au-delà. Les gardiens de l’équilibre devaient restés informés et s’unir devant ce mal grandissant. De plus, malgré l’apparence fictive de son autobiographie, Faith espérait qu’une fraction de la population constate la triste réalité de ses écrits. La race humaine devait également prendre connaissance des créatures maléfiques qui marchaient dans ses rangs, sournoises et prêtent à frapper.

Faith empoigna son manuscrit de ses deux mains et lui apposa un baiser avant d’insérer le tout dans une longue enveloppe de papier. Elle poussa un soupir de contentement et s’écrasa dans son fauteuil, un immense poids enlever de sur ses épaules. Elle laissa toutes pensées quitter placidement son esprit, se plongeant dans un état profond de méditation. Les traits fatigués de son visage s’éclaircirent et ses épaules s’affaissèrent alors que la jeune femme s’abandonnait à un moment de repos total. Seul une quinzaine de minutes par jour suffisait. Une technique séraphique apprise par un vieil ange espagnol, ami de son maitre. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, ses pupilles avaient disparues, laissant un blanc déconcertant pour quiconque aurait pu l’apercevoir. Peu à peu, l’iris argenté réapparu alors que Faith empoigna le téléphone. Pour elle, sa vision n’avait pas changé. Il y avait depuis maintenant six ans un étrange filtre brumeux qui masquait à jamais sa vision. Portail sur un autre monde qui jamais ne s’éteignait. Faith était un ange. Armée de pouvoirs surnaturels, elle devait maintenir la balance entre le bien et le mal de ce monde. Souvent d’origine démoniaque, ce mal rongeait la population de la Terre avec une soudaine fougue grandissante. Ces démons agissaient dans l’autre monde, l’au-delà, s’agrippant à l’âme frêle de certains humains pour semer le chaos ou propager la maladie. De par sa vision particulière, Faith apercevait ces démons au travers le filtre parallèle. Jamais elle ne pouvait sortir hors de chez elle sans se trouver contrainte dans un univers d’ombres sombres omniprésentes. Elle avait appris à accepter cette triste réalité invisible au gens qui l’entourait, mais elle s’efforçait de faire sa part à détruire les forces démoniaques.

L’appel fut rapide. Son agent allait passer ramasser le manuscrit tôt le lendemain matin. Par précaution, Faith empoigna son ouvre-lettre et darda le bout de son index. Une goute rouge apparu aussitôt, signe lui rappelant son humanité. La perle fut déposée au centre de l’enveloppe, protégeant ainsi le dossier de toute intrusion démoniaque. Une simple gouttelette et les esprits ténébreux se tiendraient inconsciemment à l’écart. Elle empoigna ensuite l’enveloppe et quitta son cabinet en appuyant l’ébauche de toute une année contre sa poitrine.

Si tout ce passe bien petit bijou, tu bouleversas le monde.

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Premier montage de ma part pour la couverture d’Ange

C’est loin d’être officiel, mais pour l’instant, ça fait mon affaire! :)

Ange cover copy

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Nouvelle section du blog

J’entame une nouvelle section sur le blog, sous ÉCRITS. Elle s’intitulera 1 image vaut 1000 mots. Élaborer à partir d’un principe discuté plus tôt cette semaine, je vais choisir une image que j’affectionne, ou peut-être demandé à ELLE de le faire, et ensuite écrire une courte nouvelle d’environ une page basé sur le dessin.

Voici donc la première. Terreur nocturne. C’est dark, punché et un peu choquant. Triste réalité, mais c’est comme ça que vous m’aimez :P

Scare bear

Terreur nocturne

Tapi dans un coin de sa chambre, Francis étreignait sa couverture contre lui en pleurnichant tout bas. Il ne devait surtout pas se faire entendre malgré l’atroce mal sévissant son bras tandis que sa jambe élançait de la cuisse jusqu’à la cheville. Autour de lui, le noir total. La pièce était plongée dans une obscurité profonde due à l’éclatement de la lampe lors de l’altercation quelques secondes plus tôt.

Un cri de rage droit devant le fit sursauter, terrifiant, glaçant le sang. Francis poussa un hoquet de peur tout en s’enlaçant plus fermement contre sa doudou. Il voulait se faire tout petit, disparaître. Il était terrifié. Pour rien au monde il ne voulait que la bête ne le découvre. Il se remémora les dents acérées s’ouvrir sous un filet de bave immonde. À chaque contact de ses griffes, le monstre laissait une peau meurtrie et douloureuse. Un picotement de chaleur intense. Ses yeux s’illuminaient d’une haine incompréhensible. Seule la notion de revoir le monstre le fit trépider de peur.

Pourquoi? J’ai rien fait. C’est pas ma faute. J’ai rien fait, j’te jure. Pourquoi mon nounours?

Un spasme frénétique parcourut le corps de Francis. Un signe pour que le petit garçon de quatre ans prenne son courage en mains. Alors que les meubles s’entrechoquaient contre le sol sous les grognements de colère, Francis rampa silencieusement contre le mur. Il lui fallait à tout prit quitter son nid, retrouver l’enceinte maternelle. Elle saurait le protéger, elle devait l’aider.

Soudainement, un cri de désespoir. Le sol se mit à trembler alors que le monstre s’éloigna, quittant la pièce. Francis hésita à se lever, sentant encore les lancinations à sa jambe lésée.

Peter Pan saurait quoi faire. Pourquoi je peux pas être comme lui?

L’enfant s’imaginait debout, défiant, sa cape claquant au vent. Il ramasserait un os de la carcasse de son chien décédé dans la cour. Pakor n’avait pu subsister à ses blessures. Tant de violence.

Mais Francis n’était qu’un petit garçon meurtri et sans défense. Il continue placidement son avancé lorsque sa main effleura un objet à ses côtés, étalé sur le sol. Une boule molletonnée qu’il reconnut aussitôt. Deux oreilles protubérantes, un petit nez dur.

Nonnnn. Pas nounours…

Francis retrouva le reste du corps un peu plus loin. Nounours avait été décapité sous la rage meurtrière. L’enfant sanglota de plus belle, atterré, incapable de poursuivre sa fuite.

Un claquement de porte au loin. Le monstre revenait à la charge. Francis pouvait l’entendre crier son mécontentement. Une vague de chaleur parcourut les cuisses de l’enfant alors qu’il urinait dans son pyjama. Mort de trouille, il se recroquevilla sur lui-même lorsqu’un faisceau lumineux éclaira sa maigre carcasse.

- Ah t’es là mon p’tit caliss. M’a t’apprendre à pas m’répondre lorsque j’te chicane.

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Triste réalité. Aux États-Unis, 50 000 appels d’abus d’enfants sont reportés chaques SEMAINES. C’est surréaliste, mais tristement vrai. :(

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