Section 1 rêve de femme enceinte vaut 1000 mots

Folie contagieuse

Pour mon amour qui fait des rêves bizarres étant enceinte.

Je dois dormir. Mon corps est en suspension dans les airs. Mais où suis-je? Est-ce le cour de français? Un rapide coup d’œil sur les élèves au dessous de moi me le confirme. Patrick, Marjorie, et même François le lunatique qui regarde par la fenêtre. Comme prévu, je m’aperçois, tout bas, la tête étendue sur ma table. Un mince filet de bave s’écoule de ma bouche. J’ai l’air bien.

Ça me fait tout drôle d’être si haute, de remarquer les simples détails de la scène qui se déroule au ralenti. La prof est assise et ne bouge pas. Elle fixe sa classe avec affliction. Ma vision s’interrompt sur la main pâle de l’enseignante. Je ne suis pas certaine de comprendre. Une plaie béante se discerne au bas du pouce dévoilant l’os et de la chair cristallisée. Comme s’il s’agissait d’une morsure au travers un fragment de cire.

La prof se lève soudainement et fulmine devant la classe, mais je n’entends qu’un murmure lointain. Elle semble vraiment embêtée et les élèves se retournent tous vers elle et l’écoutent avec attention. Personne n’ose s’interposer devant la gesticule qui prend de plus en plus d’ampleur. Ma vision se brouille alors que je me sens m’éveiller par les cris stridents de celle-ci.

D’un coup sec, je me relève la tête. L’enseignante beugle à tue-tête des paroles incompréhensibles. Le reste de la classe semble charmé devant l’éclat.

Mais elle est devenue folle? Qu’est-ce qui lui prend?

Sans crier gare, l’institutrice s’empare d’un crayon sur le bureau du premier élève devant elle, et l’enfonce profondément au travers son œil gauche. J’éprouve un hoquet de terreur soudaine, mais c’est le silence. Personne ne bouge alors que la femme s’effondre sourdement sur le sol.

Prise de panique, je me lève et me dirige en vitesse en direction de la porte, accrochant quelques tables sur mon passage. Je n’ose pas me retourner pour voir si d’autres me suivent.

Alors que je rejoins le corridor, une dizaine d’élèves courent dans tous sens. La voie d’autres professeurs se fait entendre d’envers leur classe, forte et terrifiante.

- Tous les enfants de la maternelle mourront, hurle l’une d’elle.

Je ne parviens pas à discerner la suite puisque ma concentration se tourne vers un élève qui en tabasse un autre à grand coup. La victime reste debout, le regard vide, et ne fait aucun geste pour se défendre. La même scène se répète au bout du corridor que je rejoins à la course.

Tout le monde est fou.

À l’extérieur, c’est pareil. Certaines personnes hurlent des paroles chaotiques alors qu’ils se font frapper par d’autres. Plusieurs se sauvent, espérant seulement s’éloigner de cette vague d’affolement.

Et moi, que dois-je faire? Dans quel état finirais-je ma course?

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