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Appel mystérieux
Posté par Lui dans 1 image vaut 1000 mots le 07/12/2009

Il fait noir, il fait froid. Je viens de reprendre conscience de mes sens et je n’ai carrément aucune idée de l’endroit où je me trouve. Le sol est solide, glacial. Du ciment? J’ai mal partout et je n’ose pas bouger par peur de retomber dans l’abîme. J’ai l’impression de me trouver dans le néant. Mes sens ne me répondent plus, sauf pour ce constant frisson provenant d’un air frais, mais sans mouvement. Dépourvu de mon sens de la vision, je tente d’employer les autres. Mon nez est rempli de mucus et hors d’usage. Mon ouïe par contre, capte un son à peine audible.
Pit, pit, pipit…
Un piaillement? Mais si loin. À l’extérieur ou à l’intérieur? En fait, où suis-je moi-même? Il fait si noir que je ne vois pas où est-ce que je pourrais bien me retrouver dehors sous une telle obscurité. Mes choix diminuent. Je dois absolument me déplacer. Me lever, du moins, et trouver un repère.
Le mal est supportable. Mes muscles se meuvent malgré leurs élancements douloureux. Mais y a-t-il seulement un d’entre eux qui n’est pas blessé? Je réussis tant bien que mal à m’installer sur mes genoux, reprenant mon souffle et respirant un bon coup sec par mon nez bouché. Une odeur de frangipanier titille soudainement mes poils olfactifs. Subtile, mais présente. Suis-je mort? Vais-je finalement apercevoir un long tunnel lumineux? J’ai toujours cru que la mort ressemblerait à ceci. Une bonne odeur, des oiseaux qui gazouillent au loin. Mais pourquoi rien d’autre? Pourquoi le noir?
Pour répondre à ma question, un halo lumineux apparait à ma droite. L’éclat de lumière réfléchi sur une forme dorée, déposée sur le sol. Un téléphone. Un vieil appareil datant probablement de la génération de ma grand-mère. Il est magnifique, recouvert d’une fine texture ambrée et munie d’un antique dispositif à roulette. Mais j’ai du mal à comprendre quel en est son sens. Dois-je appeler quelqu’un?
Si Dieu possédait un téléphone, il devrait probablement ressembler à cela. Pourrais-je m’en servir pour communiquer avec lui? Ou peut-être même avec les morts? Ma mère? Mon frère Louis? Mais voyons, je divague. J’ai probablement reçu un coup à la tête. Je me dirige quand même tranquillement en direction de l’objet pour y prêter meilleure attention. Pas qu’il n’y ait d’autre chose à voir de toute façon. L’appareil est froid au toucher, solide. Je le soulève, aucun fil. Aucun dispositif pour le brancher nulle part.
Ma curiosité me pousse à vouloir prendre le combiné, mais j’hésite. Que fais-je si quelqu’un me répond? Je voudrais tant parler à ma mère… mais serai probablement déçu de ses questions. Et si la voie au bout de la ligne était celle de ma femme. Est-ce que ça voudrait dire qu’elle est morte? Ou que je suis mort? À quoi ressemble la mort de toute façon? Reçoit-on un dernier appel avant de quitter?
Je circule autour du téléphone, indécis. D’une part, je veux confirmer qu’il n’y aura aucune tonalité, mais du même coup, j’ai une frousse totale qu’il y en ait une. C’est en puisant au plus profond de mon être, rassemblant le peu de courage que je possède normalement que je tends la main. Prends le combiné. Et est surpris d’entendre une voix familière, lointaine.
- Chérie…
C’est ma femme. Les larmes me montent aussitôt aux yeux. Elle reprend, plus fort cette fois.
- Chéri, mais peux-tu bien me dire ce que tu fais dans le sous-sol? Le souper est prêt depuis dix minutes.
Image: tomorrow!Japan
http://www.flickr.com/photos/tomorrowjapan/3133007165/
Leçon cybernétique
Posté par Lui dans 1 image vaut 1000 mots le 12/11/2009
Paris, 2057
Les recherches sur le clônage sont choses du passé. Trop de révolutions, trop d’émeutes. Les gouvernements mondiaux n’ont eu le choix d’abdiquer et de rendre la pratique complètement illégale. Après quelques années de travaux dissimulés, les chercheurs se sont rendus à l’évidence. Ils devront contourner le système et la façon la plus facile de le faire légitimement fut la technologie nano.
La biorobotique a permis à la communauté scientifique de Marseille d’en venir à bout en altérant la sustentation du cerveau humain pour pouvoir s’alimenter au plasmuil; une substance oléagineuse à base de sang et d’essence. Un premier cerveau réussit donc à fonctionner sans cœur ni oxygène.
Jack est mourant. Un cancer ronge son foie dévasté par l’abus d’alcool. Il fut donc le premier cobaye humain à tenter la transplantation cervicale dans un corps robotisé. La procédure s’avéra longue et ardue, mais l’opération fut un franc succès. Plus aucun besoin d’organes ou de système nerveux pour survivre. Jack a conservé toutes ses capacités psychomotrices ainsi que sa mémoire. Il relève un bras automatisé, satisfait. Le cerveau communique instinctivement ses besoins à une puce annexée au cervelet qui gouverne la totalité des joints du corps métallique.
L’automate se lève et titube. Il aura tout de même besoin de réhabilitation. À la suite d’une batterie de tests qui dura plusieurs semaines, Jack obtient enfin son premier congé du laboratoire. Un besoin lancinant lui ronge la carcasse métallique depuis quelque temps. C’est inconsciemment qu’il se dirige vers la quincaillerie la plus proche, marchant machinalement, un filet huileux s’écoulant sur le côté de sa mâchoire.
Les scientifiques retrouvèrent Jack dans un quartier malfamé de la ville, chantant et dansant sous les lampadaires, une bouteille de super lubrifiant à la main.
L’homme ne renonce pas aussi facilement à son vice.

Image de Matt Dixon
Clair-obscur
Posté par Lui dans 1 image vaut 1000 mots le 29/10/2009
Image pittoresque choisie par ELLE dont j’en ai pondu un texte pour 1 image vaut 1000 mots.
Les drachs virevoltent et s’égosillent dans l’ombre des roseaux. Minuscules esprits de la forêt exploitant la pénombre projetée par les colosses feuillus. Ils sont des milliers, frivoles, à taquiner la faune rampante ou volante, qui tentent avec difficulté de trouver sommeil. C’est leur moment de gloire, l’heure des célébrations. Seules quelques minutes leurs sont destinées, le soir de la lune pleine. Un moment éphémère savouré jusqu’à sa dernière goutte. Pour eux, il s’agit d’une éternité.
Ils ne sont pas mesquins, les drachs, au contraire. La forêt s’épanouit de leur existence. Ils ensemencent la végétation de leur rire et leur gaieté. Nourrissent les bourgeons de parcelles de vie. Tapissent de jade les pousses frétillantes qui ne tardent à grandir. Ils propagent l’étincelle par leurs chants et leurs danses. Impuissante, la faune ne peut que patienter ce vent de renouveau de la flore. Pour les humains, il ne s’agit que de bruissements de vents, de sifflements mystérieux, invisibles dans l’encre de la nuit. Que de légendes racontées aux enfants lorsque tombe la pénombre.
Alors que maître soleil montre ses premiers rayons lumineux contre la brume des arbres, les drachs s’éteignent un à un dans un soupir. Pour ne renaître qu’à la prochaine lune ronde, prêts à taquiner à nouveau les habitants de la forêt.

Nouvelle section du blog
Posté par Lui dans 1 image vaut 1000 mots le 08/10/2009
J’entame une nouvelle section sur le blog, sous ÉCRITS. Elle s’intitulera 1 image vaut 1000 mots. Élaborer à partir d’un principe discuté plus tôt cette semaine, je vais choisir une image que j’affectionne, ou peut-être demandé à ELLE de le faire, et ensuite écrire une courte nouvelle d’environ une page basé sur le dessin.
Voici donc la première. Terreur nocturne. C’est dark, punché et un peu choquant. Triste réalité, mais c’est comme ça que vous m’aimez :P

Terreur nocturne
Tapi dans un coin de sa chambre, Francis étreignait sa couverture contre lui en pleurnichant tout bas. Il ne devait surtout pas se faire entendre malgré l’atroce mal sévissant son bras tandis que sa jambe élançait de la cuisse jusqu’à la cheville. Autour de lui, le noir total. La pièce était plongée dans une obscurité profonde due à l’éclatement de la lampe lors de l’altercation quelques secondes plus tôt.
Un cri de rage droit devant le fit sursauter, terrifiant, glaçant le sang. Francis poussa un hoquet de peur tout en s’enlaçant plus fermement contre sa doudou. Il voulait se faire tout petit, disparaître. Il était terrifié. Pour rien au monde il ne voulait que la bête ne le découvre. Il se remémora les dents acérées s’ouvrir sous un filet de bave immonde. À chaque contact de ses griffes, le monstre laissait une peau meurtrie et douloureuse. Un picotement de chaleur intense. Ses yeux s’illuminaient d’une haine incompréhensible. Seule la notion de revoir le monstre le fit trépider de peur.
Pourquoi? J’ai rien fait. C’est pas ma faute. J’ai rien fait, j’te jure. Pourquoi mon nounours?
Un spasme frénétique parcourut le corps de Francis. Un signe pour que le petit garçon de quatre ans prenne son courage en mains. Alors que les meubles s’entrechoquaient contre le sol sous les grognements de colère, Francis rampa silencieusement contre le mur. Il lui fallait à tout prit quitter son nid, retrouver l’enceinte maternelle. Elle saurait le protéger, elle devait l’aider.
Soudainement, un cri de désespoir. Le sol se mit à trembler alors que le monstre s’éloigna, quittant la pièce. Francis hésita à se lever, sentant encore les lancinations à sa jambe lésée.
Peter Pan saurait quoi faire. Pourquoi je peux pas être comme lui?
L’enfant s’imaginait debout, défiant, sa cape claquant au vent. Il ramasserait un os de la carcasse de son chien décédé dans la cour. Pakor n’avait pu subsister à ses blessures. Tant de violence.
Mais Francis n’était qu’un petit garçon meurtri et sans défense. Il continue placidement son avancé lorsque sa main effleura un objet à ses côtés, étalé sur le sol. Une boule molletonnée qu’il reconnut aussitôt. Deux oreilles protubérantes, un petit nez dur.
Nonnnn. Pas nounours…
Francis retrouva le reste du corps un peu plus loin. Nounours avait été décapité sous la rage meurtrière. L’enfant sanglota de plus belle, atterré, incapable de poursuivre sa fuite.
Un claquement de porte au loin. Le monstre revenait à la charge. Francis pouvait l’entendre crier son mécontentement. Une vague de chaleur parcourut les cuisses de l’enfant alors qu’il urinait dans son pyjama. Mort de trouille, il se recroquevilla sur lui-même lorsqu’un faisceau lumineux éclaira sa maigre carcasse.
- Ah t’es là mon p’tit caliss. M’a t’apprendre à pas m’répondre lorsque j’te chicane.
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Triste réalité. Aux États-Unis, 50 000 appels d’abus d’enfants sont reportés chaques SEMAINES. C’est surréaliste, mais tristement vrai.

